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Pour la petite histoire

Durant la deuxième moitié du 19 ème siècle, les auvergnats arrivèrent hardiment à Paris par la gare d’Austerlitz ; ils s’y installèrent, souvent comme commerçants, puis ouvrirent les premiers lieux où l’on venait, avec entrain et non sans nostalgie, danser au son de la musette auvergnate (petite cornemuse appelée cabrette).

Il n'était alors pas rare de "passer la monnaie" à 50 centimes la danse. Le bal musette était né.

A la fin du 19ème siècle, les italiens arrivèrent tout aussi hardiment à la gare de Lyon avec, dans leurs bagages, un dangereux envahisseur d’origine germanique nommé accordéon.

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, cet instrument détrôna sans aucun remords la cabrette, et sous son impulsion, le musette allait bientôt échapper à l’Auvergne pour envahir la France entière.

Les années 30’ ont vu des Guinguettes se multiplier un peu partout. Dans ces grandes messes populaires, on venait fêter les congés payés en musique.

Les artistes s’installaient sur une estrade en surplomb, le patron retirait l’échelle, et les musiciens restaient là des heures à jouer au-dessus des danseurs, simples amateurs ou bien connaisseurs éclairés qui en mélomanes avisés, savaient aussi reconnaître leurs idoles.

Expression d’un petit peuple parisien fortement métissé, le musette était à la fois affaire de style et terrain d’échange avec les musiques voisines : la chanson, la musique manouche…...et le swing...!

Débarqué d’Amérique dans les années 20’, cette musique avait conquis la France où elle a rapidement trouvé de géniaux instrumentistes (Django Reinhardt, Stéphane Grappelli) pour se mettre à son service, et créer un « swing a la française », magnifiquement représenté par le fameux quintet du Hot Club de France.

Le swing a poursuivi son ascension dans le pays jusqu'à son apogée dans les années qui ont suivi la Libération, sans toutefois franchir la porte des bals musette où elle est longtemps restée interdite. « Dans certains bals musette, il y avait un panneau « interdiction de danser le swing ; cela pouvait être sujet a bagarres, ça risquait d’importuner les mecs qui dansaient serrés - » rapporte ainsi Jo Privat.

Ce dernier ainsi que d’autres accordéonistes, tels Gus Viseur ou bien Tony Murena, ne se privèrent cependant pas de s’adonner avec jubilation au swing et d’en teinter bientôt leurs propres compositions … La valse swing était née...


C’est toute cette ambiance que la compagnie LA GUINCHE
fait aujourd'hui revivre dans sa Guinguette à Roulettes avec pour seul credo :
« Jazz et java copains, ça doit pouvoir se faire »